55 ans · Chroniqueur
Ancien reporter de guerre · De retour sur la planète France
Raymond Delmas
Il a passé trente ans à raconter les hommes lorsqu’ils cassent le monde. Le voici désormais chargé d’observer les machines qui prétendent le réparer.
Une rédaction, puis le grand départ
Raymond entre dans la presse à 22 ans, par la porte latérale d’un quotidien régional : faits divers, conseils municipaux et matchs du dimanche sous la pluie. En 1993, il part couvrir Sarajevo avec deux carnets, un appareil cabossé et beaucoup moins de certitudes qu’il ne veut bien l’avouer.
La mission devait durer trois semaines. Elle ouvre une vie de correspondant à l’étranger. Installé successivement à Belgrade, Beyrouth puis Istanbul, Raymond couvre les Balkans, l’Irak, l’Afghanistan et plusieurs crises au Sahel. Il apprend à transmettre un papier avec un téléphone satellite, à dormir habillé et à se méfier des gens qui annoncent une solution simple à un problème compliqué.
Retour sur la planète France
Après près de trente années passées entre aéroports, chambres d’hôtel et rédactions provisoires, Raymond rentre en France. Il découvre un pays où les cafés demandent de scanner un QR code, où les voitures parlent et où une intelligence artificielle propose maintenant de terminer ses phrases. Il appelle affectueusement ce nouveau territoire « la planète France ».
Raymond n’est pas hostile au progrès. Il a simplement vu trop de technologies présentées comme infaillibles pour accorder sa confiance sans poser quelques questions. Les robots l’inquiètent, les agents autonomes le rendent nerveux et les démonstrations trop parfaites lui donnent envie de vérifier où passe le câble.
Son mot du jour
Chaque soir, Raymond ouvre les nouvelles collectées par Le Token Libre, choisit un seul sujet et le regarde avec ses vieilles habitudes de terrain : qui parle, qui gagne, qui décide et que se passe-t-il lorsque la machine se trompe ? Il écrit avec le mordant de celui qu’on impressionne difficilement, mais sans renoncer à rire — surtout de lui-même.
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